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Les différences majeures entre romans et films du Seigneur des Anneaux.

Bonjour à tous. Aujourd’hui votre guide elfique Arkädy vous propose un comparatif un peu particulier car il ne sera pas totalement basé sur le même modèle que les précédents. En effet, j’aimerais aborder les différences entre les romans et les films du Seigneur des Anneaux. Il serait cependant bien trop long et redondant d’en faire un article similaire à ceux sur Jurassic Park avec le résumé de chaque œuvre et mon avis sur celles-ci. Aussi celui-ci sera plus succinct. Il se concentrera en effet uniquement sur les différences que je considère comme « majeures » de mon point de vue.

Note : je sais qu’une retraduction des noms de lieux et autres noms propres a été faite il y a quelques années pour coller au plus près des significations originales données par Tolkien. Néanmoins, j’ai lu les romans lors de leur première traduction qui se trouve être celle utilisée dans les films. De ce fait, pour ne pas perdre les lecteurs n’ayant vu que les films – et pour une question toute personnelle de préférences des « anciens » noms – je vais continuer d’utiliser les noms des lieux et noms propres tels qu’utilisés dans les films et donc issus de la première traduction.

Le Seigneur des Anneaux, présentation rapide.

Le roman de J.R.R. Tolkien.

Le Seigneur des Anneaux est une des œuvres fondamentales de la littérature dite de fantasy. Certains vont même jusqu’à dire qu’il serait à l’origine même de la fantasy. Tolkien lui-même considérait son livre comme « un conte de fées […] pour des adultes », écrit « pour amuser (au sens noble) : pour être agréable à lire. »

Cette œuvre se compose de six livres, qui ne portent pas de titres. Elle se divise en trois volumes : La Communauté de l’Anneau, Les Deux Tours et Le Retour du Roi. Ce roman reste aujourd’hui encore un grand classique de la Littérature.

Les films de Peter Jackson.

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Affiche du film « La Communauté de l’Anneau »

C’est vers 17 ans que Peter Jackson découvre le Seigneur des Anneaux. D’abord par le film d’animation de 1978 puis par le roman. En 1995, il commence à réfléchir au projet d’adapter le roman en films puisque cela n’a jamais été fait.

Après quelques temps de réflexion Jackson propose alors un premier script de deux films aux producteurs. Après diverses divergences d’opinion entre le réalisateur (Jackson) et les producteurs (les frères Weinstein), Peter Jackson part à la recherche d’un autre studio de production. C’est finalement le studio New Line Cinema qui lui proposera d’adapter son projet en trilogie. Le scénario de base est alors entièrement revu pour rajouter une partie des intrigues qui étaient initialement laissées de côté et se rapprocher du roman.

En 1999 commence alors en Nouvelle-Zélande le tournage simultané de l’intrigue principale des trois films. En 2001 sortira donc « La Communauté de l’Anneau », suivi en 2002 par « Les Deux Tours » puis en 2003 par « Le Retour du Roi.« 

Le succès sera mondial pour cette saga qui reste sans nul doute l’une des meilleures adaptations d’un roman en film.

Les points de différences majeures.

Mais même si l’adaptation du roman en films est un succès, celui-ci n’est pas non plus à 100% fidèle au roman. Pour des raisons de temps, de budget, de moyens ou de simplification d’intrigue, certaines subtilités de l’œuvre originale sont en effet passées à la trappe. C’est pourquoi, je vous présente maintenant celles qui me semblent les plus importantes.

Point 1 : la gestion du temps.

Dans le livre, l’aventure se passe sur une plus longue durée. Par exemple, entre l’anniversaire de Bilbon et la découverte que son anneau est l’unique, il se passe 17 ans. À ce moment-là, Frodon a alors 50 ans. À la différence du film où tout s’enchaîne, Frodon bénéficie donc d’un temps de tranquillité non négligeable à Cul-de-Sac. Il faudra en effet quelques années avant que Sauron ne commence à faire parler de lui.

De même, lorsque Gandalf reviendra apporter la nouvelle à propos de l’origine de l’Anneau, les choses ne seront pas précipitées. Ainsi, dans le film, Frodon fuit rapidement en pleine nuit avec Sam avant de tomber par hasard sur Merry et Pippin. Dans le roman il organise tranquillement un déménagement, tout à fait officiel, qui lui permettra de se rapprocher de Bree. Il aura pour cela l’aide de Sam, Merry et Pippin ainsi que d’un autre ami. Une fois installé là-bas, Frodon fera alors semblant de partir en balade avant de prendre la route de Fondcombe. Non sans que Sam, Merry et Pippin ne lui fassent comprendre qu’ils l’accompagneront.

Il en est de même pour le reste des films où certaines scènes sont bien plus rapides que dans les romans. Par exemple, le séjour du petit groupe à Fondcombe, est bien plus long dans le roman. Et au final, lorsque les Hobbits reviennent dans la Comté, il s’est alors écoulé une année complète. Ce que l’on ne devine pas vraiment en regardant les films…

Point 2 : la disparition de personnages.

Je conçois complètement que la multiplication de personnages qui ne font qu’une brève apparition s’avère plus problématique que bénéfique pour le spectateur au cinéma. Néanmoins, je regrette la disparition de nombre d’entre eux. Ainsi dans les films, pas de Tom Bombadil ni de Baie d’Or. Pas de Glorfindel venant secourir Frodon avant son arrivée à Fondcombe. Pas de Compagnie Grise ou de fils d’Elrond marchant avec Aragorn.

Vue d’artiste du personnage de Glorfindel © Fantasy Flight Games – Middle Earth Entreprises

D’ailleurs, ce dernier voit une grande partie de son passé occulté. Dans les films, il ne sera jamais fait plus que mention de son rôle de Rôdeur. Mais dans les romans, ce rôle et la mission qui lui incombe s’avèrent bien plus détaillés. Ainsi on apprend qu’Aragorn dirige la « Compagnie Grise », accompagné des deux fils d’Elrond. Ses hommes et lui sont en charge de parcourir la contrée pour éviter aux habitants les mauvaises rencontres avec des Orcs, des Gobelins ou des Trolls. Un rôle d’ailleurs très peu connu des habitants qui les méprisent sans savoir à quel point ils leur doivent la vie. Ce qui donne une autre dimension au personnage que l’on connait dans les films. D’autant qu’au final cette Compagnie fini par rejoindre Aragorn à Dunharrow, afin de l’accompagner pour rallier l’armée des Morts à sa cause. Elle prendra également part au combat aux Champs du Pellenor.

Pour ce qui est des autres personnages, toute l’intrigue autour de Tom Bombadil, habitant mystérieux et surpuissant des Hauts des Galgals que traversent Frodon et ses amis avant de rejoindre Bree est supprimée. Tout comme le rôle de Glorfindel secourant Frodon. Dans le film il se verra en effet remplacé par Arwen pour éviter une multiplication de personnages. Et il en reste bien d’autres encore…

Point 3 : l’émancipation des hommes.

Dans Les Deux Tours, le roman, les Hommes combattent seuls au Gouffre de Helm où Théoden est venu rejoindre Eomer et ses hommes bannis du Rohan. Pendant ce temps, Gandalf part réunir les diverses tribus vivant dans les alentours. Ce n’est que plus tard alors qu’une délégation se rend en Isengard qu’ils apprendront – de la bouche de Merry et Pippin – l’implication finale des arbres dans la victoire du Gouffre de Helm. Dans « Les Deux Tours », le film, Gandalf cherche Eomer, errant dans les plaines du Rohan après son bannissement, tandis qu’Haldir, sur ordre de Galadriel, se porte au secours des Hommes avec une armée. Gandalf arrivera ensuite avec Eomer. Et – dans la version longue uniquement – nous voyons finalement arriver les arbres pour détruire les Orcs tentant de s’échapper.

Aragorn au Gouffre de Helm – Image promotionnelle du jeu Lord of the Rings Online ©

Si la différence entre les deux œuvres n’est pas énorme en soi, elle change tout de même pas mal de choses. Dans son roman, Tolkien a profité de cette bataille pour redorer le blason des Hommes qui depuis la trahison d’Isildur sont vus par les autres peuples comme faibles. La Bataille du Gouffre de Helm, devient donc leur moment de gloire. Celui où ils prouvent être de nouveau capable de s’opposer au mal. Celui où ils retrouvent – aux yeux des autres peuples – leur grandeur. Seuls !

L’intervention des Elfes dans le film vient donc tout annuler, puisque cela empêchera les Hommes de prouver qu’ils peuvent de nouveau se débrouiller par eux-mêmes. Bien-sûr ce n’est pas le message que Jackson a voulu faire passer, puisque par l’arrivée d’Haldir, il introduit une nouvelle alliance entre Hommes et Elfes. Alliance qui n’existait plus jusque-là ! Donc l’objectif de la scène est tout aussi intéressant puisqu’il montre que les Hommes retrouvent l’amitié des Elfes. Il n’en reste pas moins que le message final de cette bataille est totalement différent entre film et roman.

Point 4 : le destin de Faramir et Eowyn.

Dans le cas de Faramir, sa plus importante modification concerne son attrait pour l’Anneau. Si dans le film, il se trouve attiré par son pouvoir au point de faire de Sam et Frodon ses prisonniers qu’il envoie à son père (avant de finalement changer d’avis et les libérer), dans le roman, à aucun moment il ne décide de s’emparer de l’Anneau et de livrer les Hobbits à Denethor. Et oui, contrairement à son frère, Faramir s’avère plus fort que le côté corrupteur de l’Anneau. Au point d’ailleurs d’être avec Frodon, Tom Bombadil et Sam l’un des seuls à lui résister.

En outre, sa tentative de reprise d’Osgiliath, même si elle offre une scène magnifique dans le film, n’existe pas non plus. Il repartira bel et bien au combat, mais afin de protéger les derniers villageois fuyant vers Minas Tirith, non pour tenter l’hypothétique reprise d’une ville déjà aux mains de l’ennemi. Un combat un poil moins glorieux à voir/lire, mais bien plus noble au final.

© Eowyn and Faramir by Anke Eissmann
© Eowyn and Faramir by Anke Eissmann

Quant à Eowyn, si dans le « Retour du Roi » (le film) nous savons dès le début qu’il s’agit d’elle chevauchant avec Merry vers le Gondor, dans le roman, ce dernier (et le lecteur), n’en sait rien. Elle est en effet déguisée en homme, masque sa voix et se fait appeler Dernhelm. Ce n’est que lors du leur combat avec le Roi Sorcier que Merry (et le lecteur) découvrira l’identité de celui qu’il a accompagné jusque-là.

Enfin, dernier point concernant ces deux-là. Si vous n’avez pas vue la version longue du « Retour du Roi », vous vous demandez peut-être comment Faramir et Eowyn sont devenus assez proches au point de se rendre main dans la main au couronnement d’Aragorn ? Simplement parce que – tous deux convalescents après leurs combats – ils se sont rencontrés à la Maisons de Guérison. Et se sont rapprochés ! Un point que le film ne développe que peu. Et seulement dans la version longue !

Point 5 : Les Istari.

Les Istari sont des Maiar, des divinités issues d’Ilúvatar le dieu créateur de l’univers. Envoyés sur la Terre du Milieu au début du Troisième Age pour lutter contre le Mal ils possèdent de grands pouvoirs. Si dans les films nous en voyons deux (trois), leur rôle réel n’est jamais mentionné. Pourtant, Saroumane et Gandalf (ainsi que Radagast) sont bien des Istari. Ils ne sont donc pas de simples magiciens comme on pourrait le croire. De fait leurs pouvoirs sont bien plus grands que ce que nous voyons dans les films.

Ainsi, en ce qui concerne Saroumane, comme on peut le voir dans le film, il est le chef de leur ordre. Mais ce que l’on ne voit pas, ou presque pas, c’est le pouvoir de sa voix. Dans le roman, Saroumane possède une voix envoûtante qui pousse les gens à lui faire confiance. Ainsi, lors de sa rencontre avec Théoden, en Isengard il parvient presque à persuader le Roi de le libérer malgré l’attaque qu’il vient de porter contre le Rohan. Une tentative de persuasion qui fonctionne beaucoup moins bien dans le film…

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Vue d’artiste des Istari © jrrtolkien.fandom

De la même manière, Gandalf est bien plus puissant. Certes dans les films on voit bien sa puissance sur certain sort. Mais il reste assez relégué au rôle du mage bon enfant qui une fois de temps en temps sortira un sort plus efficace. De même dans le roman, c’est lui qui trouve la réponse à l’énigme pour entrer dans la Moria. Et non Frodon, comme dans le film.

Pour ce qui est de Radagast, à l’inverse des films, il a tout de même droit, dans le roman à une apparition. Les deux derniers Istari, Alatar et Pallando sont seulement mentionnés dans le roman pour dire qu’ils sont partis vers l’est sans plus donner de signe de vie. Bref, dans le roman, les Istari sont bien plus importants et puissants que ce que le film laisse entendre. Ce qui explique aussi pourquoi Gandalf et Saroumane en savent autant et vivent depuis si longtemps en Terre du Milieu…

Point 6 : Les Aigles.

Ce point va un peu de paire avec le précédent puisqu’on va, là encore, aborder la « mythologie » de la Terre du Milieu.

Qui ne s’est pas posé la question : « pourquoi ne pas utiliser les Aigles pour aller détruire plus rapidement l’Anneau ? » Je vous invite à passer ici pour voir plus en détail cette théorie et sa réponse, ou encore ici pour voir que non, il n’est pas sage d’utiliser les Aigles pour se rendre en Mordor. Mais le point que je veux aborder sur les Aigles est un peu différent.

Les grands Aigles sauvant Hùrin et Huor.

Dans les films (« Seigneur des Anneaux » ou « Hobbit »), les Aigles sont clairement présentés comme étant juste le deus ex machina. Ils arrivent à la demande de Gandalf et règlent en deux secondes les problèmes de la Compagnie de Thorïn ou de la Communauté de l’Anneau. Mais dans les romans, non, les Aigles ne sont pas justes des animaux bien pratiques utilisés par Gandalf ! Ils sont des Maiar eux aussi. À partir de là, pas question d’utiliser ces divinités pensantes comme de simple taxi sacrifiables. Et s’ils aident Gandalf à quelques reprises, c’est parce que celui-ci est aussi un Maiar. De plus, ils ont reçu l’ordre de Manwë lui-même – un Valar, le Seigneur de l’Air et une divinité supérieure – d’intervenir directement ! Et oui, la mythologie de la Terre du Milieu est bien plus complexe que ne le laisse penser les films !

Mais dans tous les cas, ils n’interviennent pas pour le simple bon plaisir du magicien qui peut les siffler à sa guise. Mais bien pour obéir aux ordres des dieux. Et ce, dans le but de préserver l’univers de la corruption de Sauron !

Point 7 : Sam et l’Anneau.

Revenons à Sam. Comme dit précédemment, il fait partie, dans le roman, des rares capable de résister au pouvoir corrupteur de l’Anneau. Au point qu’il est même capable de l’utiliser un temps et de s’en séparer sans grandes difficultés. Une chose que l’on ne voit malheureusement pas dans le film.

© Sam and Shelob, by John Howe
© Sam and Shelob, by John Howe

En effet, dans le film, alors que Sam, Frodon et Gollum grimpent les Escaliers Venteux, sur un stratagème de Gollum, Frodon chasse Sam. Ce dernier désespéré quitte donc le groupe. Il reviendra finalement pour ne retrouver dans l’antre de l’araignée que le corps de Frodon « tué » par Shelob. Un peu plus tard, quand il vient libérer Frodon, qui n’était pas mort, il explique alors avoir pris l’Anneau pour le cacher et ainsi continuer la quête.

Dans le roman, Sam de quitte pas le groupe et il apporte constamment son soutien à Frodon même après son désaveu au profit de Gollum. De la même manière que dans le film, en voyant Frodon tomber face à Shelob il prendra l’Anneau avant d’aller à son secours en comprenant qu’il est en vie. Là où cela change encore plus c’est sur le reste du sauvetage. En effet, afin d’échapper aux Orcs et Gobelins parcourant les souterrains, Sam se trouve obligé de mettre l’Anneau pour se rendre invisible. Il le fera d’ailleurs à plusieurs reprises. Et lorsqu’il retrouve Frodon et que celui-ci lui réclame l’Anneau, il le lui rendra, avec pour seul regret le fait que l’Anneau éveillait une part plus courageuse de lui-même.

Mais à aucun moment, il ne regrette son pouvoir ou son attrait. Ce qui lui donne une force de caractère peu commune vis-à-vis des autres personnages du roman. Souvenez-vous, même Gandalf au début de l’aventure refuse l’Anneau de peur d’être corrompu. Bref pour beaucoup de lecteurs, Sam est le vrai Héros de l’aventure. Celui qui est toujours présent, n’est pas corrompu et devient un vrai soutient tout en restant simple. Un développement du personnage que l’on ne voit presque pas dans les films et une des différences majeures pour moi.

Point 8 : le destin de Saroumane.

Un magicien qui survit à l’attaque de sa tour et c’est tout le destin d’un peuple qui bascule…

Dans le film, Saroumane chute de sa tour, assassiné par Grima. Clap de fin pour l’ex magicien blanc. Mais dans le roman, ce dernier est simplement retenu prisonnier de sa tour par les Ents après que Gandalf ne l’ait privé de ses pouvoirs. Il parvient finalement à s’enfuir. Et lorsque Frodon, Sam, Pippin et Merry rentrent en Comté, c’est pour découvrir les Hobbits réduit en esclavage par Saroumane. La Comté, de verdoyante et prospère vallée s’est transformée en en vallée industrielle. Les moulins sont devenus des usines, la terre s’assèche et les cultures fanent. Le résultat est bien loin de l’image en début de roman avec une Comté florissante où les Hobbits cultivent la terre avec passion n’en tirant pas plus que le nécessaire.

Les 4 compagnons reprennent donc les armes pour soulever les leurs et livrer un dernier combat. Piégés dans Cul-de-Sac, Grima assassine alors Saroumane avant de trouver la mort des mains des archers Hobbits. Ces derniers détruisent ensuite les innovations de Saroumane et la Comté retrouve alors son état d’antan.

Un passage certes pas forcément nécessaire pour bien comprendre les films, mais dans lequel il est clair que Tolkien a voulu faire passer un message vis-à-vis de l’industrialisation et de ses risques. Un passage qui montre également que comme le dit Merry dans le second film « si Saroumane triomphe, tout ce qu’il y a de beau et bon disparaîtra et il n’y aura plus de Comté où rentrer. »

Quelques mentions honorables.

Elles impactent moins la compréhension du film ou le développement des personnages mais il faut tout de même noter quelques autres différences qui me semblent importantes même si moins « problématiques ».

Les chants et le langage.
© Balin's Tomb, by J.R.R. Tolkien<br /> (écriture en khuzdul)
© Balin’s Tomb, by J.R.R. Tolkien
(écriture en khuzdul)

Réduction oblige pour les films, une grande partie des passages raccourcis ou supprimés concernent les passages chantés. En effet, dans l’œuvre originelle, de nombreux lais et poèmes sont cités ou reprit par certains personnages. On en entend certes quelques-uns dans la version longue des films, mais ceux-ci s’attardent bien moins souvent dessus que ne le fait Tolkien.

De même pour les différents langages. Ils ne sont que survolés et utilisés de temps en temps dans les films là où Tolkien a complètement développé les langues Elfiques et Naines et les utilise régulièrement. Néanmoins, il faut reconnaître que cela ne gêne en rien la compréhension des films. Mais vu le temps qu’a passé Tolkien à travailler ces poèmes et ces langues, il me semblait juste d’en parler !

Les liens entres les œuvres.

De manière générale, les films sont pensés et réalisés pour être une trilogie. Rien d’autre. Il y aura bien sûr plus tard des raccords de fait avec la trilogie du « Hobbit », mais Peter Jackson n’a pas plus que ça développé son œuvre. C’est là toute la différence avec l’œuvre de Tolkien. Car si le Seigneur des Anneaux se suffit certes à lui-même, il existe dans un ensemble d’œuvres tournant autour de la Terre du Milieu. Dans ces différents romans, dont font partie Bilbo le Hobbit, Le Silmarillion, Les Enfants de Hùrin, Beren et Lúthien et bien d’autres encore, on retrouve des liens entre les différentes œuvres. L’historique complet de la Terre du Milieu est même raconté dans Le Silmarillion. Tout comme les origines de Sauron (dont il n’est, par exemple, jamais fait mention dans les films). Ou l’origine de la famille d’Elrond, seul semi-elfe de ce monde.

De même, les plus curieux qui seront allés lires les appendices que l’on trouve à la fin du Retour du Roi auront eu droit à un cours complet sur l’histoire du Troisième Âge de la Terre du Milieu (période pendant laquelle se déroule le film). Ils sauront également ce que sont ainsi devenus chacun des membres de la Communauté.  Et comment commence, juste à la fin de l’aventure, le Quatrième Âge.

Et pour ceux sachant lire entre les lignes, il devient vite facile de relier certains personnages – à peine cités dans certaines œuvres – à d’autres bien plus présents dans d’autres ouvrages. De ce fait, le « Lore » de la Terre du Milieu est bien plus complexe, fourni et développé dans les romans que dans les films.

Alors, romans ou films ?

Au final, même s’il existe des différences importantes entre films et romans cela n’a jamais empêché la compréhension globale de l’univers et de l’intrigue pour ceux n’ayant vu que les films. Ce qui s’avère être un très bon point. C’est d’ailleurs sans doute pour cela que cette adaptation cinématographique est considérée comme un des meilleurs exemples d’adaptation de romans en films (à l’inverse du « Hobbit » …)

Alors, certes, on peut toujours chipoter sur ces différences. Après tout elles existent et Peter Jackson a pris des libertés avec l’intrigue. Mais dans le fond, un fan du roman peut très bien apprécier le film. Et pour les fans du film qui veulent pousser un peu plus loin dans cet univers, il n’y aura aucune difficulté à suivre le roman. D’autant plus que les éléments de base sont tous présents dans les films. En effet, les raccourcis pris ou les omissions n’ont été fait que dans le but d’accélérer et de simplifier l’intrigue – extrêmement complexe – du roman, mais sans en perdre les grandes lignes de ce dernier.

Du coup, d’un point de vue personnel, je suis aussi bien fan des films que du roman. Et même si je regrette certains aménagements fait dans les films, je reconnais sans mal que cela n’impacte pas de manière irrémédiable l’histoire.

Pour aller plus loin.

Comme je l’ai dit en introduction, il ne s’agit là que d’un petit listing, basé sur des critères personnels de différences qui me semblent « majeures ». Il est tout à fait possible de trouver que certains points évoqués ne sont en rien majeur. Ou que d’autres, oubliés, auraient eu leur place ici. Dans tous les cas, il reste encore énormément à dire sur les différences entre les films et le roman, mais c’est ainsi pour chaque adaptation d’un roman en film.

Il ne faut jamais oublier que le passage d’un format à un autre implique irrémédiablement des coupes, des rajouts, des omissions… De fait, les deux formats ne font pas passer les mêmes informations. Un livre pourra traiter sans aucune difficulté des pensées d’un personnage là où un film ne pourra pas le faire. À l’inverse, un film aura plus de facilité à faire voir certaines choses qu’un livre qui nécessiterait des pages et des pages de descriptions.

Au final, les deux médias sont complémentaires. D’autant plus lorsque l’adaptation est bien faite.

Par ailleurs, pour ceux se plaignant de l’adaptation de Peter Jackson, je vous laisse lire ceci :

« Weinstein propose à Jackson de faire un seul film de deux heures, suggérant de supprimer les passages concernant Bree et la bataille du gouffre de Helm, ainsi que le personnage de Saroumane. De faire du Rohan et du Gondor le même pays, avec Éowyn comme sœur de Boromir, de raccourcir considérablement les passages à Fondcombe et dans la Moria, et que les Ents empêchent les Uruk-hai d’enlever Merry et Pippin. Bouleversé à l’idée de perdre la moitié de son projet, Jackson refuse et Weinstein lui laisse quatre semaines pour trouver un autre studio de production qui lui rachèterait les droits. »
Wikipédia, source : Peter Jackson : A Film-maker’s Journey, « Quest for the Ring »

Comme quoi, on a échappé à bien pire !

 

Pour finir, n’hésitez pas à réagir dans les commentaires à propos de cet article. Ainsi qu’à me faire savoir quelles sont les différences qui semblent importantes pour vous. N’hésitez pas non plus à voter dans le sondage pour me dire ou va votre préférence entre roman ou films.

 

« La magie n’opère que si l’on veut bien consentir à se laisser emporter par Elle. »
– J.R.R. Tolkien.

Sources

La lecture des romans et le visionnage des films.

Diverses vidéo de Link the Sun ou MJ.

L’encyclopédie Tolkiendil.

Le Wiki J.R.R. Tolkien

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